Devenir intermittent du spectacle : le statut expliqué simplement
C'est quoi exactement, qui peut le devenir, combien on gagne, et par où commencer. Le tour complet, sans jargon.
Mis à jour en juillet 2026 · Écrit par l'équipe TOTOR, le compagnon des intermittents
C'est quoi, un intermittent du spectacle ?
Contrairement à ce qu'on croit souvent, « intermittent du spectacle » n'est pas un métier : c'est un régime d'assurance chômage. Il concerne les artistes et les techniciens qui travaillent pour le spectacle vivant, le cinéma ou l'audiovisuel, où l'emploi se fait par nature en contrats courts (les CDD d'usage) : une tournée, un tournage, un festival, une pièce.
Comme personne ne peut vivre avec trois semaines de contrat par-ci par-là, l'assurance chômage a prévu deux annexes spéciales, les annexes 8 et 10, qui indemnisent les périodes entre les contrats. Être intermittent, c'est être couvert par ce régime.
| Annexe | Qui | Exemples |
|---|---|---|
| Annexe 8 | Techniciens et ouvriers | Régie, son, lumière, plateau, montage... |
| Annexe 10 | Artistes | Comédiens, musiciens, danseurs, circassiens... |
Les conditions pour devenir intermittent
Trois conditions, dans l'ordre :
- Travailler dans le spectacle, pour des employeurs du secteur (compagnies, salles, productions... et même des organisateurs occasionnels via le GUSO), sur des CDD d'usage, dans un métier relevant de l'annexe 8 ou 10.
- Cumuler 507 heures de travail sur 12 mois. C'est LE seuil du régime. Bon à savoir : un cachet d'artiste compte pour 12 heures, soit environ 43 cachets sur l'année.
- S'inscrire à France Travail une fois les heures réunies, avec ses attestations employeur, pour ouvrir ses droits.
Il n'y a ni diplôme obligatoire, ni carte professionnelle, ni dossier de candidature : ce sont tes heures de travail déclarées qui font tout. D'où l'importance de vérifier que chaque employeur envoie bien son attestation employeur mensuelle (AEM) : sans elle, tes heures n'existent pas aux yeux de France Travail.
Comment ça marche au quotidien
La vie d'intermittent alterne deux temps : les contrats (tu es salarié, payé au cachet ou à l'heure) et les périodes sans contrat, pendant lesquelles France Travail te verse une allocation journalière.
Deux rendez-vous rythment ce système :
- Chaque mois, l'actualisation : tu déclares tes heures, tes salaires et tes employeurs du mois écoulé. C'est elle qui déclenche ton paiement.
- Chaque année, ta date anniversaire : France Travail vérifie que tu as de nouveau tes 507 heures sur les 12 derniers mois, pour renouveler tes droits.
Quel salaire pour un intermittent ?
Question la plus posée, et voici la réponse honnête : il n'y a pas de salaire type. Les revenus d'un intermittent additionnent deux sources :
- Les salaires de tes contrats. Les minima sont fixés par les conventions collectives de chaque secteur (spectacle vivant privé ou subventionné, cinéma, audiovisuel...) et varient selon le métier et le type de date.
- L'allocation entre les contrats. Son montant est calculé à partir de tes salaires et de tes heures déclarés : plus tu as travaillé et gagné sur la période, plus elle est élevée, dans certaines limites.
Méfie-toi des moyennes qui circulent : entre un musicien qui fait 45 cachets par an et une régisseuse en tournée 10 mois sur 12, les situations n'ont rien à voir. Pour une estimation sérieuse de ton cas, le simulateur officiel de France Travail calcule à partir de tes vrais chiffres.
Les avantages... et les contreparties
Ce que le régime t'apporte :
- Un revenu entre les contrats, qui rend possible une vie professionnelle discontinue.
- Une protection sociale complète (maladie, retraite, congé maternité et paternité).
- Des congés payés versés chaque année par la caisse des congés spectacles.
- Des droits à la formation via l'Afdas, sous conditions.
Ce qu'il exige en retour : de la rigueur administrative. Compter ses heures au fil de l'eau, vérifier ses AEM, ne jamais rater une actualisation, et refaire ses 507 heures chaque année. C'est le prix du filet de sécurité, et c'est exactement la partie que beaucoup découvrent trop tard.
Par où commencer, concrètement
- Décroche tes premiers contrats dans le spectacle, déclarés en CDD d'usage. Chaque heure et chaque cachet comptent déjà.
- Garde tout : contrats, bulletins de salaire, et vérifie que chaque employeur envoie son AEM.
- Suis ton compteur vers les 507 heures sur 12 mois glissants.
- Inscris-toi à France Travail quand tu y es : ton dossier s'appuie sur tes attestations, et tes droits s'ouvrent après vérification.
- Actualise-toi chaque mois ensuite, sans exception.
TOTOR compte tes heures et tes cachets vers les 507, lit tes AEM d'une photo, retient ta date anniversaire et prépare ton actualisation. Le compteur est gratuit, à vie. Respire, il s'en charge.
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